Intérêts scientifiques et sociétaux


Figure 10: Champs de courants issus des données radars HF et champs de température de surface (analyse multi-capteurs satellites "MyOcean": http://www.myocean.eu.org/) illustrant trois situations caractéristiques: a) un Courant Nord bien visible auprès des côtes; b) une mer de vent pendant un épisodes de mistral masquant la signature du Courant Nord; c) un écoulement perturbé par la présence d'un tourbillon cyclonique au sud du Courant Nord.


La demande sociétale actuelle impose à la communauté scientifique de développer des outils pour identifier, suivre et prévoir les effets (à court comme à long terme) des activités anthropiques (changement climatique, pollution) sur le milieu marin. Cette demande sociétale est particulièrement importante dans les régions côtières pour lesquelles la mer une ressource capitale. L'observation en temps réel de l'état physique de l'océan (propriété thermo-halines, courants...) est déterminante pour le développement de ces nouveaux outils, en particulier les systèms de modélisation et de prévision de la circulation océanique, que ce soit dans un cadre de recherche académique ou d'océanographie opérationnelle (MERCATOR pour l'océan global ou PREVIMER pour l'océan côtier). Ces moyens d'observation - satellites et plates-formes autonomes de mesure de type flotteurs/profileurs (MedARGO) et gliders (EGO) - fournissent aux systèmes numériques de modélisation des informations essentielles sur l'état de l'océan, ce qui permet, grâ¢ceà l'assimilation de données, d'améliorer les prévisions de l'état physique de l'océan.

Initiée dans les années 1970, la technique radar courantométrique fait partie des technologies qui présentent dans ce contexte un potentiel remarquable. L'intérêt fondamental de l'instrument est une couverture synoptique tout temps associée à une haute fréquence d'acquisition (une carte par heure typiquement) des courants de surface. Du point de vue scientifique principal de ces radars réside dans leur aptitude à caractériser la réponse rapide de la circulation côtière aux forçage du vent (mer de vent, ondes inertielles etc.) et de la circulation proche hauturière (tourbillons et interactions courants côtiers/hauturiers). Ces observations sont primordiales pour la validation de la réponse des modèles de circulation côtièrà ces for&ccedic;ages évenementiel s en terme de processus physiques (instabilités de courants, de jets côtiers et de tourbillonsà large spectre d'échelles...). qui jouent jouent un rôle déterminant dans la dispersion/rétention des polluants, des espèces planctoniques (éventuellement toxiques), et/ou de larves, et plus généralement dans les échanges côte-large.

Le suivi temps-réel des courants de surface sur une large zone couvrant les zones côtièreà proche hauturière est aussi essentiel pour la gestion des situations de crises (recherche et sauvetage, pollutions...) comme en terme d'applications environnementales (pullulation et échouage de méduses urticantes, suivi des macro-déchets...), voire l'aide à la navigation de plaisance. De fait, cette technologie est maintenant "sortie" des laboratoires de développement, et aussi du strict domaine de la recherche scientifique, pour participer à la surveillance environnementale en général et la prolifération des radars côtiers est remarquable depuis plusieurs années, particulièrement aux Etats-Unis où des réseaux de radars courantométriques sont en place depuis plusieurs années et maintenant regroupés niveau national (réseau IOOS Integrated Ocean Observing System).