Principe général pour tous


Qu'est-ce qu'un radar. Les radars courantométriques fonctionnent sur le même principe de base que les radars routiers, enfin presque puisqu'il n'est pas question d'automobile, même amphibie, mais de vagues et de courant. Un radar émet une onde "radio" à fréquence fixe qui se propage dans le milieu et peut être réfléchie (on parle de rétro-diffusion) par tout obstacle (voiture, bateau, avion et dans le cas présent les vagues) qu'elle rencontre. Si l'obstacle (on parle de cible) est en mouvement par rapport au radar, l'écho capté en retour par celui-ci montre un léger décalage de fréquence. Ce décalage est proportionnel à la vitesse de la cible (effet Doppler) et permet donc de mesurer cette vitesse (Vmesure).

Application aux vagues et mesure du courant. Dans le cas des radars courantométriques, les échos reçus en retour sont multiples et très variés en réponses aux innombrables types de vagues qui agitent la surface de la mer, mais certains échos se démarquent de ce "fouillis de mer". Précisément ceux qui sont générés par des vagues ayant une longueur d'onde égale à la moitié de celle émise par le radar, phénomène connu sous le nom de "résonnance de Bragg". La vitesse de propagatio n (vitesse de phase Vphase) théorique de ces vagues étant parfaitement connue, on peut déduire par différence avec la vitesse mesurée, la vitesse du courant (Vcourant) qui "porte" la vague:

Vmesure = Vphase + Vcourant  donc  Vcourant = Vmesure - Vphase

De la mesure à la cartographie. L'histoire ne s'arrête pourtant pas là car ce principe général ne permet que de déduire la vitesse du courant par rapport au radar et suivant une direction (ou azimuth) précise. On parle alors de "composante radiale" qui ne représente qu'une partie du courant vrai. Pour couvrir une large zone, le radar doit d'abord balayer la surface de la mer (plusieurs azimuths). Il faut ensuite deux radars balayant une même zone pour "reconstruire" avec un peu de géométrie vectorielle le vecteur (vitesse et direction) du courant à partir des composantes radiales mesurées par les deux radars en un même point. La multiplication des azimuths et donc des points de mesures communs aux deux radars, permet alors de dresser la carte des courants.

Bien évidemment, les choses ne sont pas aussi simples dans la vraie vie d'un "radio-océanographe" et nous invitons les visiteurs intéressés à en savoir plus à consulter la section des "initiés" qui présente plus en détail les caractéristiques techniques des radars, le traitement des données et les contraintes et difficultés inhérentes à ce type d'installation...